Michel Rémon & Associés - Portrait
Michel Rémon - 2015
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Biographie

Diplômé de l’École des Beaux-arts en 1977, Michel Rémon se distingue rapidement par deux recherches sur la façade épaisse et l’architecture urbaine bioclimatique qui témoignent déjà d’une réflexion sur l’héliotropisme en tissu urbain dense, fil conducteur de la démarche qu’il développera ensuite.

Il est lauréat des Albums de la Jeune architecture et, en 1984, il crée son agence à Paris. En 1994, il est nominé au prix de l’Équerre d’Argent avec l’Université des Chênes à Cergy-Pontoise, qui obtient parallèlement le premier prix d’architecture du Conseil général du Val d’Oise. La base de loisirs à Torcy, l’École supérieure d’arts et métiers de Metz et le laboratoire de la police scientifique à Écully confirmeront la notoriété de cette première période, de 1994 à 1997.

Avec une équipe de 40 personnes dont 35 architectes, Michel Rémon partage aujourd’hui son activité entre des projets publics, des partenariats publics privés (PPP), et des projets privés prestigieux pour Air Liquide ou le siège d’Airbus Helicopters à Marignane qui soulignent la vitalité de son atelier en explorant de nouveaux domaines.

Chef d’entreprise reconnu, il figure en belle place dans le palmarès des grandes agences d’architecture françaises. Hôpitaux, stades, universités, laboratoires de recherche, équipements tertiaires et d’infrastructures…, son atelier à Paris réalise des projets complexes de grande envergure. Répondant à des programmes exceptionnels, tous relèvent de questions savantes en termes de technicité, de fonctionnalité et d’architecture, en neuf comme en restructuration de sites sensibles. Après l’Institut national de l’énergie solaire (INES) à Chambéry, avec sa toiture à double géométrie, sa ventilation naturelle et sa climatisation solaire, en 2013, il étudie aussi le bâtiment du CNRS à Saclay avec une salle blanche de 3 000 m² utiles.

Si le stade de Reims et les sites hospitaliers de Villeneuve-Saint-Georges ou l’Hôpital Édouard-Herriot de Lyon font de Michel Rémon un homme des grandes échelles et des grands territoires, la fabrication de l’espace, les proportions, la relation au site, au sol et au ciel et l’art des toitures guident son écriture. Attentif à la permanence de l’architecture, il revient toujours au cadre, évoquant tour à tour la maison de Malaparte à Capri ou le De pictura d’Alberti.

Des prix et la Médaille d’honneur de l’Académie d’Architecture (2008) ont couronné ses œuvres. Enseignant, architecte conseil du ministère de l’Equipement, de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable, il fut aussi consultant à la MIQCP.

 

Distinctions

2015 : Membre titulaire de l’Académie d’Architecture
2008 : Médaille d’honneur de l’Académie d’Architecture
2002 : 1er prix d’architecture de l’Ordre des Architectes – Conseil régional de Lorraine, École nationale supérieure d’arts et métiers de Metz
1994 : Nominé au prix de l’Équerre d’Argent – Université de Cergy-Pontoise
1981 : Lauréat des albums de la jeune architecture

portrait réalisée par Christophe Raynaud de Lage

Démarche

Par Marie-Claude Richard, directrice des projets.

Si je devais décrire Michel Rémon, je dirais que c'est un homme très attaché au concret, à la matière, à la terre. Ses pieds sont fermement ancrés au sol, il conçoit l'espace d'abord avec son corps et ses sens. Il arrive même parfois qu'il construise un environnement de sensations avant de composer un plan. Ainsi naissent les idées d'une atmosphère (l'atrium bois de l'Institut National de l'Energie Solaire) ou d'un lieu particulier (le hall en pente douce de l'université de Cergy-Pontoise) ou encore le cadrage de vue...
Dans le travail de conception du projet je remarque qu'il s'appuie d’abord sur les aspects concrets : la pratique (la fonctionnalité, le mode d'occupation et les usages des futurs utilisateurs), et le site, le terrain, sa topographie, sa nature.

Il cherchera à connaitre dans leurs moindres détails les rouages des séquences fonctionnelles, les liaisons à privilégier, celles à exclure.
C'est une base importante, un point de départ capital du projet, que Michel Rémon revendique et partage avec l'ensemble des architectes de l'atelier.
A l'atelier nous prenons toujours beaucoup de temps, avant de dessiner, à décrypter les programmes qui nous sont confiés, à croiser et recroiser les données pour comprendre, mais aussi pour apprendre comment cela fonctionne ou devrait fonctionner.

Un de nos premiers objectifs est d’élaborer un schéma idéal de fonctionnement, indépendamment de toute autre contingence. Il est inconcevable pour Michel Rémon de commencer un plan sans cette approche préliminaire.
Pour nous, cette approche fonctionnelle n’est pas restrictive car elle nourrit et accompagne en permanence la réflexion à d’autres niveaux de notre recherche : le questionnement sur l’implantation du projet sur le site, son inscription dans les contextes géographiques, sociologiques, économiques, ses atouts bioclimatiques, sa mise en forme spatiale.

Je pense que c’est à travers la synthèse de toutes ces études que nous développons le sens du projet. Il s’agit d’une construction de la pensée, étape par étape, un parcours parfois laborieux, parfois plus rapide et évident, mais jamais instantané, jamais tombé du ciel. Un concept issu d’un faisceau d’approches convergentes.
Nous cherchons une idée du projet qui « fasse sens », non seulement pour nous, mais surtout et avant tout pour ceux pour qui nous construisons.
Je dirais que c’est la condition fondamentale pour que le projet passe de nos mains à celles des utilisateurs, que ceux-ci le reconnaissent et se l’approprient pendant et après notre passage.
Une démarche ouverte et réceptive : c’est dans ce partage des plaisirs et des émotions que se trouve la clef de notre travail.